• Anne-Laure Dallet

Figue or not?

Beaucoup peuvent voir passer une publication qui prend de l'ampleur, à savoir qu'en mangeant une figue, on mange aussi une guêpe! L'article en lui-même est correct, à ceci prêt qu'au moment de manger la figue, il ne reste réellement plus rien de la guêpe, entièrement transformée par la plante. Certains vegans refusent de manger des figues, cela se comprend sur le papier, pour ma part, je mange des figues car en réalité, et là, je fais confiance à mon corps, il ne subsiste plus la moindre source de protéine animale au moment où l'on consomme le fruit. Comment j'en suis sûre?

Vu comment mon corps réagit hyper violemment quand j'ingère (même sans le savoir) de très petites quantités de protéines animales et que je ne réagis absolument pas en mangeant des figues, et bien aucun risque de me tromper!


Pour les plus dubitatifs, voici un article qui explique très bien le processus de mutualisme qui existe entre la guêpe du figuier et le figuier.



"La figue n’est pas un fruit commun. D’ailleurs, il ne s’agit pas d’un fruit à proprement parler, au sens botanique du terme.

En effet, cette « fleur inversée » ne se développe pas de la même manière qu’une pomme. Dans un figuier, les fleurs, emprisonnées, éclosent à l’intérieur du réceptacle charnu que nous avons l’habitude de manger et de cuisiner, nommé le « synconium », ce même réceptacle qui se transforme en une infrutescence d’akènes à la maturité. Et c’est ce qui fait de la figue un aliment absolument extraordinaire.

Comment les fleurs peuvent-elles éclore à l’intérieur de la figue ? Pour que les fleurs puissent éclore à l’intérieur du fameux « synconium », il leur faut une intervention extérieure, impliquant un processus très spécifique de pollinisation. C’est là que la Guêpe du Figuier a toute son importance. La figue ne peut en effet survivre sans l’insecte pollinisateur, et inversement : la figue constitue un nid d’exception pour les larves de la guêpe.

Il existe deux types de figues : les figues mâles et les figues femelles. Dans le cadre de notre alimentation, nous consommons uniquement des figues femelles. Les figues mâles, constituées autrement, sont plus enclines à accueillir une fratrie de guêpes. La guêpe femelle dépose en effet ses larves dans ce nid hors du commun en passant par le petit trou, localisé sous le réceptacle : on appelle ce processus le mutualisme. Lors de cette phase, la guêpe femelle perd ses ailes et ses antennes : coincée ad vitam aeternam à l’intérieur du « demi-fruit », elle ne pourra plus jamais en sortir.

Les bébés mâles, nés sans ailes, n’ont quant à eux que deux fonctions : d’abord celle d’inséminer les femelles (leurs sœurs, donc) puis celle de creuser un tunnel afin d’aider les femelles à sortir de la figue. Les femelles s’échappent, et emportent le pollen avec elles. Constituées différemment, les figues femelles (celle que nous consommons, si vous avez bien suivi) accueillent malgré tout des guêpes. Ces bêtes malheureuses entrent par mégarde dans le mauvais réceptacle et, n’ayant pas assez de place pour déposer leurs larves, meurent dans le fruit, sans aucune possibilité de sortir. Ce processus, qui peut sembler cruel, est pourtant nécessaire au développement du « fruit », puisqu’il rapporte assez de pollen pour que le synconium puisse arriver à maturité et donner des figues.

Ne pensez tout de même pas qu’en dégustant une figue, vous êtes en train de manger une guêpe : la carcasse de l’insecte est rapidement transformée en protéines grâce à la ficine, un enzyme dont se sert la figue."


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